Une fois, j’ai été chez ma mère et en allant prendre une petite pause cigarette sur le balcon arrière, j’ai eu une drôle de surprise : j’étais soudainement à Paris.

Elle avait créé de faux murs autour du balcon avec des rideaux de douche. Ils imageaient la façade d’un triplex avec une terrasse parisienne au rez de chaussé. Aussitôt assise, je pouvais facilement m’imaginer des gens passer devant le café l’autre côté de la rue avec une baguette sous le bras et une clope au bec. Je suppose que c’est sa façon à elle de se rapprocher de sa famille qui habite cette ville lumière.

Ça m’a aidée à mieux comprendre tout d’un coup ce que ça voulait dire « garder son coeur d’enfant ». C’est savoir se laisser aller dans son imaginaire même si ça paraît un peu weird. C’est se créer son propre petit bonheur. C’est être heureux.

“And those who were seen dancing were thought to be insane by those who could not hear the music.” – Friedrich Nietzsche

C’est comme l’autre fois, en attendant le feu rouge au beau milieu de la nuit, on a vu passer une fille qui poussait un mec dans un panier d’épicerie à toute allure. Il lui pointait la direction à prendre d’un air théâtral comme le ferait un fier capitaine. Ils rigolaient pas possible. Tellement que nous-même ça nous a fait rire.

Moi qui travaille tellement à être un peu plus « adulte » ces temps-ci, je me fais la promesse de ne jamais pour autant devenir à ce point vieille que j’en perdrais les joies de l’absurdité. On passe notre vie à chercher le bonheur partout quand dans le fond, il est en nous. Il ne suffit que de se créer son propre petit monde. Je vous le dis : la Folie est la chose la plus saine qui pourrait nous arriver.